N° ACR0001691 - Résidence Cergy 7

 
Adresse : 7 rue de Vauréal
  95000 Cergy
Coordonnées GPS : 49.041431, 2.057280
Coordonnées GPS : 49.041431, 2.057280
Dates Construction : 1975 - 1976
References Cadastrales : AH 518 ; AH 520 ; AH 521 ; AH 527 ; AH 51
Date de classement : 2022
Auteur : Menighetti Jean-Claude (architecte), Vasconi Claude (architecte) ; Pencréac'h Georges (architecte) ; Gaillard Michel (architecte) ; Argoud Jean (ingénieur)
Patrimoine du 20e siècle

Précision Interet :

Issue d’une coopérative de construction-vente, l’opération des maisons en bande Cergy 7 est l’exemple le plus abouti d’innovation en termes d’habitat réunissant les qualités du logement collectif et du logement individuel en lisière du périmètre de la ville nouvelle de Cergy. L’architecte Georges Pencreac’h y expérimente la démultiplication des niveaux dans la pente grâce à une trame rigoureuse recoupée par des demi-niveaux et une respiration intermédiaire toute hauteur. Le jeu de masses et de volumes géométriques extérieurs simples ne laisse pas présager de l’inventivité du parcours extérieur, entièrement tourné sur la nature et la vue sur la boucle de l’Oise grâce à un réglage savant des niveaux de couverture en terrasse. La mise en œuvre des détails, menuiseries et cloisonnements est tout entière tournée vers une fonction oblique tempérée. L’ensemble constitue une alternative remarquable au lotissement, et l’économie de moyen et d’emprise spatiale renouvellent le lieu paysagé autrement que par la seule consommation.

Description Historique :

Extrait de l’interview de l’architecte Georges Pencreac’h, 7 juillet 2020, Cergy 7 : « J’en reviens au 2e élément intéressant de cette opération : comment elle a été montée. À l’origine, c’est en 1971-72, il y a un certain nombre de personnes qui travaillent dans la ville nouvelle de Cergy, des architectes, des ingénieurs, des urbanistes, des programmateurs… on est beaucoup à avoir 30-35 ans, entre 30 et 40 ans, mariés, deux enfants, c’est le couple moyen de français de cet âge-là, et on cherche à se loger… et puis la ville… il n’y a pas beaucoup de logements puisque la ville n’est pas construite, là, ce sont des champs. Les premiers logements se mettent à se construire, ce ne sont que des HLM, des logements sociaux et on n’a pas le droit à cela, car on gagne un peu plus que le plafond et il y a quelques promoteurs qui lancent des opérations de promotion libres, et ce sont vraiment des promotions « mauvaises », on n’aurait jamais acheté un truc comme cela et on n’est pas les seuls alors on se dit ce n’est pas possible, on a envie de se loger et on ne trouve pas à se loger ! L’idée était de dire « on va construire ». En fait, l’idée est née entre deux personnes, Jean Claude Menighetti avec qui je travaille sur le centre culturel et administratif que vous connaissez et dont je suis l’architecte ; et on travaille tous les deux ensemble et un beau jour, on se dit, quand même, on devrait monter une opération immobilière. Ce serait bien qu’on trouve un terrain et qu’on essaye de trouver quelques personnes et puis on monte un truc… pas des maisons individuelles, on monte une opération collective ! Il avait ramené l’idée : il avait fait un voyage d’étude au Canada où il avait vu ce genre de chose se faire. Alors, finalement, on en parle autour de nous et puis on rassemble… au sein de l’établissement public, tout d’abord : un ingénieur, qui s’appelait Jean Argoud, quelqu’un de la cellule travaux qui s’appelait Mariani et qui était un économiste du bâtiment, et puis un copain à lui qui était inspecteur des impôts. On avait un programmateur, un architecte, un ingénieur, un économiste du bâtiment, un inspecteur des impôts. On cherche un terrain, on va voir d’abord le directeur de la ville nouvelle qui ne veut pas nous donner un terrain car il craignait que cela fasse conflit d’intérêt et qu’on lui reproche d’avoir cédé un terrain à des gens qui étaient ses salariés, et il nous dit « faîtes ce que vous voulez mais en dehors du périmètre de la ville nouvelle », or en dehors de ce périmètre c’était le périmètre du village, qui était hors ville nouvelle, et on trouve cela. Et cela, ça partait comme un lotissement. Il y avait un géomètre qui avait fait une route au milieu et deux parcelles d’un côté, trois de l’autre : il y avait cinq parcelles… alors on voit ce truc là et on se dit si on achète le tout sans qu’il y ait la route (il avait fait prévoir une route avec une raquette au bout là), on a le terrain pour moins cher car il n’était pas aménagé et on s’aperçoit que l’on peut faire… 7 maisons. Donc on dit on va essayer de faire 7 maisons ! Alors je commence à faire des esquisses et puis ça, ce sont des esquisses qui datent de 1972 et ça aussi. Au départ, il y avait des verrières partout ! Cela c’est une des premières coupes, du tout début 1973, et on cherche deux autres participants et alors, on trouve mon copain Michel Gaillard, deuxième architecte qui ensuite va travailler sur l’opération, qui venait d’intégrer l’établissement public, et un animateur socioculturel, donc, on complète l’équipe et l’on commence à travailler. Alors, les trois techniciens évidemment s’occupent de la technique, architecture, mais aussi… pour les ingénieurs il a fallu faire tous les plans structure. L’économiste du bâtiment a fait des descriptifs, et les autres, ceux qui n’étaient pas techniciens ont commencé à monter la chose du point de vue administratif, et l’on a créé une société coopérative de construction-vente, structure qui venait juste d’acquérir une réalité juridique, On a été l’un des premiers a utilisé ce truc-là, c’est-à-dire une société qui se substituait à un promoteur, donc une société coopérative, qui présentait un groupe d’individus qui se chargeait de réaliser une opération, et qui se dissolvait une fois que l’opération était terminée. Et qui pendant l’opération était le maître d’ouvrage ! Les différents participants mettaient de l’argent : il y avait des appels de fonds tous les mois pour payer les entreprises mais chacun faisait un prêt individuel, payait les entreprises à travers cette société coopérative, qui à la fin des travaux, les travaux étant réceptionnés, se dissolvait et cela se transformait en une copropriété traditionnelle. On a mis en place cette structure juridique qui a été gérée par l’inspecteur des impôts et le programmateur, Jean Claude, qui était un peu l’âme de cette chose-là, l’animateur, et ça a merveilleusement marché… mais le chantier a été très compliqué parce que mine de rien vous avez un nombre de niveaux et de demi-niveaux ! (…). Tous les habitants, à part deux familles, ont changé, évidemment. Nous sommes les seuls, plus une, (…), et puis tous les autres sont partis, parce qu’ils sont tous retraités (…) Maintenant il y a des couples qui ont 35 ans qui ont des enfants grands comme cela, d’autres qui ont 50 ans. Il y en a qui ont l’âge de nos petits-enfants, d’autres qui ont l’âge des enfants, etc.,.. la pyramide des âges est comme cela ! Et cela fonctionne très bien ! On fait des assemblées générales dans le jardin, (…) j’ai un cahier des charges, je l’ai fait voter en assemblée. »

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