N° ACR0001690 - Axe majeur de Cergy : place Hubert Renaud, parc central, boulevard de l’Oise, rue de Vauréal, île astronomique, les étangs de Cergy (Pyramide)

 
Adresse : Entre la place Hubert Renaud à Cergy et la carrefour de Ham à Neuville-sur-Oise
  95000 Cergy
Coordonnées GPS : 49.042534, 2.037682
Coordonnées GPS : 49.042534, 2.037682
Dates Construction : 1985 - 2008
References Cadastrales : CZ 162, CZ 482 et CZ 257 partiellement, CZ 336, CZ 337, CY 393, CY 394, CY 397, CY 404, CY 405, CY 416, AC 749, AC 750, AC 751, AC 723, AC 459, AC 347, AC 354, AC 748, AC 384, AC 377, AN 19, AN 46, ZK 159 partiellement (pour l’île et la pyramide) à Cergy et AE pour l’emplacement du jalon (espace public non cadastré) à Neuville-sur-Oise.
Date de classement : 2022
Auteur : Karavan Dani (artiste plasticien)
Patrimoine du 20e siècle

Précision Interet :

L’Axe majeur est une œuvre d’art in situ, à la frontière entre la sculpture, le paysage, l’urbanisme et l’architecture. Il construit une poésie du lieu liée à l’inachèvement tout en s’appropriant les éléments naturels qu’il souhaite révéler : boucle de l’Oise, étangs, coteau en fer à cheval, belvédère ; horizons lointains, ciel. Parcours qui nécessite de faire un chemin, l’œuvre trace sur le territoire un sens – au sens figuré comme au sens propre – grâce aux dénivellations, reflets, étapes et vues qui ponctuent le grand site au sein de la ville nouvelle ainsi fédérée. Cette œuvre co_nsacre la rencontre entre une volonté forte d’aménagement de la ville esquissée par Marcel · Bajard, portée par Michel Jaouën et Bertrand Warnier (établissement public d’aménagement) et l’intervention de Dani Karavan. Elle se rattache paradoxalement à l’histoire des grands tracés et percées paysagères, notamment de l’ouest parisien, établies durant l’Ancien Régime. La com·mémoration de l’histoire par un monument, d’ordinaire absente des villes nouvelles, devient ici le site lui-même : axe de symétrie symbolisant l’unité des quartiers autour du méandre de l’Oise et au-delà, à l’échelle urbaine et paysagère régionale. Le thème du jardin astronomique replace la dimension humaine dans un tout qui la dépasse, et joue des échelles et de la mise en scène des instruments de la c.onnaissance qui jalonnent le parcours. Inachevé, l’axe théorique est également issu d’une volonté renouvelée durant trente années, avec notamment pour étape la première pierre des Jardins des droits de l’homme Pierre Mendès-France, posée par le président de la République François Mitterrand en 1990.

Description Historique :

Au cœur de la boucle de l’Oise à hauteur de Cergy, le méandre agricole comporte des étangs de gravières en eau dès 1971. Le coteau en amphithéâtre ouvrant vers le sud-ouest, bordé au nord par l’embryon de la ville nouvelle et au sud par les hauteurs de la forêt de l’Hautil, offre une vue sur Paris et une grande partie de la géographie de l’Île-de-France. Marcel Bajard, urbaniste de l’EPA s’attèle dès 1974 à l’étude du quartier de Puiseux, jusque-là mis en réserve. La stratégie originale afin de répondre au problème de la centralité urbaine est en effet de seconder le noyau originel de la préfecture, aisé à réaliser et répondant au plus tôt à la population pionnière, grâce à un véritable centre urbain à l’échelle d’une agglomération de 500 000 habitants, impossible à réaliser sans le développement précédent. L’idée d’une intersection et d’un point de vue intérieur, d’une unité à trouver pour créer la ville, mène à proposer une croix orientée à 45° par rapport à la trame viaire projetée. L’ « axe vert » aboutissant à la base de plein air par-dessus l’Oise, présent sur le plan de 1974, en résulte directement, ainsi que d’une critique sur la lisibilité et la mise en valeur du site naturel. De fait en 1980, le centre de gravité de l’agglomération correspond déjà aux étangs de Cergy-Neuville et à leur fonction de loisir en voie d’expansion grâce au parc de Neuville (210 hectares) : cinq plans d’eau artificiels de tailles et de formes variées s’étendent déjà sur un terrain de 250 hectares avec aires de jeux, équipements (restaurant, infirmerie), et activités nautiques. La question du point d’origine et de l’achèvement de la ville est au centre des débats de l’EPA : Jean Coignet, Marcel Bajard, Bertrand Warnier, puis Michel Jaouën cherchent à faire entrer ce paysage dans un quartier de Cergy en devenir (Puiseux devenu Saint-Christophe), en reliant le plateau aux étangs du centre de la boucle par des cheminements piétons, avant que Michel Jaouën ne sollicite Dani Karavan. C’est au printemps 1980, après l’envoi d’une lettre puis un appel téléphonique à l’artiste travaillant à Genève, que Karavan découvre le site. L’Axe majeur constitue une rencontre entre la volonté des urbanistes et l’intervention de l’artiste, le programme précis de l’Axe majeur ayant été mis au point par Michel Jaouën. Une maquette et des réunions de travail ont mis en place le grand tracé, qui n’est pas fonctionnel mais symbolique. Il a été souligné l’analogie du dispositif avec la terrasse de Saint-Germain-en-Laye de Le Nôtre (Charles Rice), en vertu de l’élévation d’un paysage au rang de monument en regard de l’horizon dévoilant Paris. L’axe, dans sa position perpendiculaire à la pente et la mise en scène de la déclivité, s’apparente bien davantage au parti des jardins de la « maison de théâtre et de baignerie » conçue par Philibert Delorme et devenue par la suite la château Neuf de Saint-Germain, depuis sa cour formant théâtre à scène à exèdres jusqu’à son jardin d’eau au contact de la Seine. Dès 1982, une chaîne d’espaces successifs est définie sur le thème de l’astronomie : elle partagerait le site en fer à cheval en sa ligne de symétrie grâce à un rayon laser bleu clair dans le ciel nocturne. Une première tranche d’opération de logements est confiée directement sous sa forme opérationnelle au Taller de Architectura de Ricardo Bofill. Il réalise un ensemble d’édifices proposant une nouvelle variation sur le corps de portique monumental et le jeu d’échelle savante qui contraste fortement avec le « centre bastide » conçu juste au nord (G.G.K. Le Van Kim et Bertrand, P. Celeste et N. Soulier, C. Frank, J.-N. Capart, M. Molter, 1985). La place dessinée par l’édifice en hémicycle de Bofill définit une rotule urbaine et le point de naissance de l’axe mais la tour voulue par Dani Karavan n’est inaugurée qu’en 1986. Le projet voit le jour grâce à des actions de communication soutenues et par l’intérêt de personnalités : l’architecte Joseph Belmont (1928-2008), alors directeur de l’architecture au ministère de l’Équipement, Pierre Restany et Pierre Mendès-France, sensibilisés au projet par Dani Karavan, Bertrand Warnier et Michel Jaouën (architectes et urbanistes de l’EPA), Monique Faux, conseillère artistique au sein du groupe central des villes nouvelles et Claude Mollard, délégué aux Arts Plastiques.

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