N° ACR0001689 - Ensemble Les Colonnes Saint-Christophe

 
Adresse : 7-37 avenue de Mondétour
  place des Colonnes
  95000 Cergy
Coordonnées GPS : 49.045822, 2.033423
Coordonnées GPS : 49.045822, 2.033423
Dates Construction : 1981 - 1986
References Cadastrales : CZ 153 ; CZ 154 ; CZ 159 ; CZ 160 ; CZ 233 ; CZ 236- 239 ; CZ 241-243 ; CZ 246-257 ; CZ 481 ; CZ 482
Date de classement : 2022
Auteur : Bofill Ricardo (architecte) ; Hodgkinson Peter (architecte) ; Genard Patrick (architecte) ; Jimeniz Rogelio (architecte) ; Rodas José Mari (architecte)
Patrimoine du 20e siècle

Précision Interet :

La construction du quartier Cergy-Puiseux, renommé Saint-Christophe, témoigne de l’évolution des idées conceptrices de l’élaboration de la ville nouvelle à partir de la décennie 1980. L’une des tranches d’opération est confiée directement sous sa forme opérationnelle au Taller de Architectura de Ricardo Bofill. L’ensemble d’édifices propose une nouvelle variation sur le corps de portique monumental et le jeu d’échelle savant. L’opération est aussi le prétexte au développement d’un langage et d’une intégration des formes architecturales à un ensemble spatial vaste rythmé par les effets de travées répétitives. L’architecte assimile l’archétype, figure fondamentale de l’imaginaire, à une forme géométrique qui induirait une relation d’ouverture à soi-même. Son architecture à base de « simples jeux de lignes obliques ou verticales qui structure l’espace de façon symbolique » se voudrait composée de formes jugées inhérentes à l’inconscient collectif. Le jeu d’échelle le conduit à une hypertrophie des organes architectoniques qui interpelle le piéton. La place des colonnes assume un rôle de charnière entre l’axe majeur et le centre bastide à parements de briques avec lequel le contraste est total (G.G.K. Le Van Kim et Bertrand, P. Celeste et N. Soulier, C. Frank, J.-N. Capart, M. Molter, 1985). Formes, volumes des édifices et dimensionnement des espaces créent un contexte urbain qui tend vers l’abstraction poétique tout en redirigeant habilement le cheminement principal vers l’amphithéâtre du méandre de l’Oise.

Description Historique :

Tandis que l’établissement public d’Aménagement, Michel Gaillard et Michel Jaoüen, lancent un concours « maison de ville » pour Jouy-Le-Moutier, le site axial prévu pour développer une nouvelle centralité à Saint-Christophe, fait l’objet d’un concours « immeuble de ville », appuyé par le groupe central des villes nouvelles et la direction de l’architecture. Une vingtaine de projets sont élaborés dans trois situations « type ». Bajard conçoit une armature destinée à la création de rues et de places caractéristiques de la ville traditionnelle qui s’avère ne pas résister, cependant, à une normalisation ultérieure réintroduisant la hiérarchie primaire-secondaire et la séparation partielle piéton-voitures. Après celle de 1979 engagée par Jan Karczewski, cinq études exploratoires sont confiées à cinq architectes (Philippe Deslandes, Henri Gaudin, Léon Krier, Claude Vasconi et Georges Pencreac’h) pour étudier la maille aboutissant à deux chemins orthogonaux, l’un drainant l’essentiel des logements, l’autre dédié aux commerces et équipements autorisés à des dépassements ponctuels de hauteur. Seuls les gabarits urbains sont imposés et donnent l’unité formelle de l’ensemble ainsi que des règles d’élévations : 1500 logements par an sont engagés sur ce même site. L’une des tranches d’opération est confiée directement sous sa forme opérationnelle au Taller de Architectura de Ricardo Bofill. L’emplacement correspond à la terminaison sud du centre du quartier et au point de naissance d’un projet d’une succession de jardins descendant vers l’Oise. L’EPA souhaite à cette rotule un projet de logement monumental capable de soutenir l’échelle de la ville tout en se conformant au gabarit d’ensemble du quartier. L’évolution possible du commerce, facilitée par une implantation systématique à rez-de-chaussée, n’est pas rendue manifeste par l’expression de Ricardo Bofill sur le site. Il trouve cependant un contexte particulièrement favorable à l’essor de son langage post-moderne qui répond à une redéfinition de l’urbanité. Si la forme de l’espace public atteint la monumentalité, sa fonction, au cœur des logements, n’est pas pensée pour fédérer une animation mais en tant que scansion d’un parcours urbain et paysagé et desserte privilégiée des logements. Ce n’est qu’à partir de l’intervention de l’artiste Dani Karavan et de l’installation de la tour inclinée et du laser que l’attraction prend sens et la giration de l’espace entre en résonnance avec la faille au travers de l’édifice en hémicycle, première manifestation de l’axe majeur.

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